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Stéphane Roudaut : "À ceux qui ont voulu abîmer Brest, nous répondons par la solidarité, l'entraide et l'engagement"

il y a 39 minutes
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Après les violences et les pillages qui ont frappé Brest samedi 17 octobre, la Ville de Brest, la Métropole, l'État et la Chambre de commerce et d'industrie (CCI) du Finistère se mobilisent pour accompagner les commerçants sinistrés, sécuriser les établissements et anticiper de nouveaux débordements.


Jeudi 22 octobre, lors d'une conférence de presse, Stéphane Roudaut, maire de Brest et président de Brest métropole, aux côtés des représentants de l'État et de la CCI, est revenu sur l'ampleur des dégradations et a présenté les mesures engagées pour soutenir les professionnels touchés et préparer la journée du samedi 24 octobre.


Des violences inédites et un bilan économique particulièrement lourd


Après plusieurs manifestations lycéennes déjà marquées par des dégradations, les violences du 17 octobre ont constitué un changement d'échelle, éclipsant les revendications des plus de 10 000 manifestants. La Ville avait pourtant privilégié le dialogue, avec deux rencontres organisées avec les représentants lycéens et la transmission de leurs revendications aux autorités compétentes.


« Ce que Brest a vécu le 17 octobre est d'une gravité exceptionnelle. Derrière les images de destruction, il y a des commerçants, des salariés, des habitants, des femmes et des hommes qui ont été directement touchés. Rien ne peut justifier de telles violences. » a souligné Stéphane Roudaut.

Le bilan des violences est particulièrement lourd : 41 commerces vandalisés ou pillés, des dégradations importantes du mobilier urbain, des transports et des équipements publics, ainsi que 35 blessés parmi les forces de l'ordre et au moins deux parmi les commerçants.


Le monument aux morts – lieu de rassemblement des mémoire des deux guerres mondiales et des morts pour la France en opérations extérieures – a été tagué et un tiers des pavés du square Mathon ont été arrachés occasionnant 25 000 euros de frais de dégagement et un coût de repavage estimé à 100 000 euros.



« C'est inadmissible », a dénoncé Stéphane Roudaut, appelant l'ensemble des élus, locaux et nationaux, « quelle que soit leur sensibilité », à condamner « sans aucune ambiguïté » toutes les violences. Quand on est élu de la République, on accepte les règles de la République. Ce n'est pas la révolution permanente. »

Au total, le préjudice global est provisoirement évalué à près de 1,4 million d'euros.


Des mesures immédiates er concrètes pour les commerçants

Dès samedi, une cellule de crise a été activée autour du maire, en lien étroit avec la sous-préfecture. Plus de 40 agents, 30 élus et de nombreux citoyens volontaires se sont mobilisés pour sécuriser les commerces endommagés, protéger les équipements publics et engager les premières opérations de déblaiement et de nettoyage.


Depuis le début de la semaine, les élus et les services poursuivent leur mobilisation auprès des commerçants et des habitants des secteurs touchés, notamment autour du commissariat Colbert, afin de recenser les dégâts et d'identifier les besoins.


Pour accompagner les professionnels sinistrés, plusieurs dispositifs sont engagés :


  • Une aide directe de 3 000 euros par commerçant éligible, financée à parts égales par Brest métropole (1 500 €) et la CCI du Finistère (1 500 €), pour contribuer à couvrir les franchises d'assurance ou à reconstituer les stocks. Ce dispositif, destiné aux commerçants indépendants du territoire ayant subi des dommages matériels, déposé plainte et déclaré leur sinistre à leur assurance, sera opéré par la CCI à compter du 3 novembre.

« Je n'ai pas connaissance de dispositifs équivalents en France aujourd'hui », a souligné le maire, en rappelant la fragilité de la trésorerie des commerces brestois après deux ans de chantiers liés au tramway et au BHNS et un contexte concurrentiel difficile.

  • Un accompagnement psychologique, proposé en lien avec l'association Don Bosco – elle-même victime de dégradations – et financé par la Ville et la Métropole.


  • Un guichet unique téléphonique, mis en place par la CCI. L’appelant est orienté vers l’aide au dépôt de plainte et aux démarches d’assurance, les aides d’Etat, la mise en sécurité après dommage et le soutien psychologique.


  • Un dispositif d'alerte par SMS « Alerte – Info aux commerces », permettant d'informer les professionnels des manifestations annoncées et des éventuelles consignes des autorités. Plus de 500 contacts sont déjà recensés. Les commerçants souhaitant s'inscrire peuvent écrire à promotion-économique@brest-metropole.fr


  • Un guide pratique à destination des commerçants, mis en ligne dès vendredi 23 octobre, pour accéder facilement aux informations et aux dispositifs disponibles.


Le Maire a également appelé les compagnies d'assurance à intervenir rapidement pour expertiser les dommages et indemniser les professionnels sinistrés.


Anticiper les prochaines mobilisations

En prévision de la journée du samedi 24 octobre, la Ville de Brest et Brest métropole poursuivent leur coordination avec les services de l'État afin d'anticiper d'éventuels débordements et de renforcer la protection des commerces et des équipements publics.

Une cellule de crise mobilisant une cinquantaine de personnes sera opérationnelle dès samedi matin.


La brigade de tranquillité urbaine (BTU) sera également mobilisée sur le terrain pour prévenir les commerçants et assurer le lien avec les services de la collectivité.


200 plaques de contreplaqué de différentes dimensions sont d'ores et déjà prévues, afin de permettre la sécurisation rapide des vitrines et des établissements qui pourraient être touchés. Les services municipaux et métropolitains sont également mobilisés à titre préventif.


Prolonger la solidarité brestoise

Au-delà de cette réponse opérationnelle, Stéphane Roudaut a tenu à saluer l'élan de solidarité qui s'est manifesté dès les premières heures, à travers l'engagement des agents, des élus, des associations et de nombreux habitants.


"Samedi soir, devant le commissariat Colbert, une quarantaine de Brestoises et Brestois ont spontanément aidé à enlever les pavés pour permettre aux pompiers de secourir les policiers blessés et retranchés dans le commissariat. Et nous avons reçu des dizaines de messages de personnes souhaitant nous aider à remettre la ville en état. Si d'aventure il y avait de nouveaux travaux à mener - ce que je ne souhaite pas - je serais amené créer le statut de collaborateur occasionnel de service public pour mobiliser tous ces volontaires. Ce sont les prémices de la réserve communale de sécurité civile que je souhaite mettre en œuvre."


"Je tiens à remercier toutes celles et ceux qui ont proposé leur aide C'est aussi cela, l'esprit brestois : une ville qui sait se rassembler dans les moments difficiles. À ceux qui ont voulu abîmer Brest, les Brestoises et les Brestois répondent par la solidarité, l'entraide et l'engagement."

Cette mobilisation s'est également exprimée lors du rassemblement républicain et transpartisan organisé lundi midi à l'appel de l'Association des maires de France.


En conclusion, Stéphane Baot, adjoint en charge des dynamiques commerciales, a tenu à inviter toutes les Brestoises et les Brestois à soutenir eux aussi les commerçants, en continuant de fréquenter le centre-ville, en privilégiant les commerces indépendants de proximité aux commandes sur Internet. "Nos commerçants en ont besoin, ils ont envie de travailler et la période de Noël qui arrive est vraiment cruciale."

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