Brest au Rendez-vous Culture : "Les acteurs culturels méritent d'être écoutés et entendus"
Dernière mise à jour : il y a 2 jours
La nouvelle saison culturelle s'ouvre, rythmée cette année par la concertation citoyenne Brest au Rendez-Vous. L'ambition ? Bâtir un plan de mandat avec, et pour toutes celles et ceux qui font la culture sur le territoire. Clément Posier, adjoint à la Culture nous explique les enjeux de cette démarche inédite.

Une nouvelle histoire pour Brest : En cette rentrée, la concertation Brest au Rendez-Vous est l'actualité forte de votre délégation ?
Clément Posier : Oui, clairement. Cette démarche sera travaillée sur trois temps forts au niveau de la culture. Le premier porte sur les modèles économiques qui sont en tension, y compris au niveau des subventions publiques, et sur la structuration des acteurs culturels, dans un environnement et un contexte bouleversés. Les invitations ont été envoyées pour convier les acteurs à travailler ces sujets lors d’ateliers. Le premier aura lieu le mercredi 14 octobre.
Quels sujets seront abordés ?
L'idée est de pouvoir travailler sur des points clés comme, comment consolider le fonctionnement des associations ; comment faire pour que les appels à projets ne soient pas trop lourds pour que les associations puissent y répondre ; comment mettre en place des conventions pluriannuelles d'objectifs ou encore comment mutualiser les moyens.
Nous avons beaucoup travaillé pendant la campagne sur le sujet des transitions qui sont aussi au cœur des préoccupations des acteurs culturels. La mutualisation est un axe fort des réflexions : comment organiser le prêt de matériel, comment fonctionner avec des espaces partagés…
Comment la démarche est-elle accueillie par ces acteurs culturels ?
Je pense qu'elle est très bien perçue. C'est extrêmement important pour eux d'avoir une visibilité sur la politique culturelle souhaitée par la Ville, et cette feuille de route ne peut pas être écrite sans eux. Ils sont dans une situation de souffrance, ils méritent d'être écoutés et entendus. Un travail d'écoute et de co-construction qui doit aussi tenir compte des préconisations faites au niveau régional mais aussi des préconisations faites par les fédérations nationales.
Le deuxième temps fort est consacré aux publics. De quoi s'agit-il ?
L'un des premiers enjeux de notre mandat est de faire en sorte que la culture soit accessible, quel que soit le milieu social d'où l'on vient. Pour cela, la meilleure réponse est l'éducation artistique et culturelle, qui se fait depuis l'enfance — la petite enfance — jusqu'aux premières années d'études supérieures.
La ville de Brest détient un label d'éducation artistique et culturelle qui prouve son engagement sur le sujet. Notre volonté est de pouvoir le garder et le développer. Nous interrogerons donc les acteurs sur la manière de travailler cette partie médiation.
Que dire des inégalités entre quartiers ?
Il existe un sujet lié aux différents lieux de vie à Brest, avec des quartiers qui peuvent disposer d'offres culturelles qui ne sont pas équivalentes. Les acteurs culturels ont envie d'aller aussi vers ces publics qui peuvent être, entre guillemets, empêchés. Tout ce sujet est d'aller chercher, d'aller vers, pour faire venir ensuite de manière plus naturelle.
Le développement des jumelages entre les têtes de réseaux (Quartz, Maison du théâtre, Carène, etc) et les quartiers prioritaires seront un des éléments de réponse pour cela.
Et quid de l'égalité femmes-hommes ?
À Brest, le seul budget genré mis en place concerne la culture, nous allons continuer, pour avoir toujours une équité dans les projets soutenus, pour mettre en lumière les artistes féminines mais aussi lutter contre les violences sexuelles et sexistes.

Le troisième temps fort portera sur les lieux. En quoi consistera-t-il ?
Il interviendra plutôt sur le deuxième et le troisième semestre 2027 et prendra la forme d'un diagnostic sur les lieux et espaces sur lesquels la culture peut s'exprimer. Nous avons identifié plusieurs problématiques ou enjeux sur lesquels nous souhaitons concerter.
D'abord, les équipements d'ultra-proximité. La jauge dont il est question peut aller de 50 à 300 places. Ce sont des jauges qui, historiquement, se trouvaient dans les équipements de quartier — sauf que le patronage laïque de Recouvrance est détruit, ou va l'être ; Sanquer n'a pas été entretenu et est par terre ; le Pilier Rouge entre en travaux...
Nous avons besoin que les équipements de quartier soient le premier lieu où la culture peut s'exprimer. C'est une ligne de force que nous voulons conserver. Certaines associations expriment aussi le besoin de lieux avec des jauges intermédiaires, c'est-à-dire de 400 à 800 places. Nous devons identifier et cartographier ces besoins.
Cela rejoint l'idée de mutualisation ?
Oui. Il existe une vraie attente des acteurs de la culture, depuis que nous les rencontrons, sur la mutualisation des moyens, des équipements, des lieux, qui permet aussi de réfléchir à la possibilité de croiser les disciplines. Ils n'ont pas envie de travailler seuls. Ils aimeraient que la culture croise avec d'autres usages : le commerce, l'action sociale. Tout cela permet de générer des flux, et les artistes s'inspirent de ces flux existants. La mutualisation est donc vraiment au cœur de notre approche — c'est extrêmement important.
Il y a par ailleurs un vrai sujet bâtimentaire sur des lieux de la ville qui sont des piliers de l'action culturelle. Les transitions nous obligent et l’été qu’on vient de vivre implique de poser des objectifs précis dans notre plan de mandat. Nous le voyons aujourd'hui sur l'école des beaux-arts, sur le musée des beaux-arts, nous avons un sujet Carré des Arts qui pose tout de même souci. Nous le voyons aussi sur certains équipements qui doivent être rénovés. Le Mac Orlan a dû fermer ses portes certains jours de canicule en juin. Nous avons besoin d'investir là-dessus, et de nous demander comment faire pour que les lieux accompagnent les transitions, permettent de mutualiser et répondent aux nouveaux usages qui peuvent apparaître.

Un mot pour finir ?
Rendez-vous aux Capucins le 24 octobre de 14h à 18h pour le lancement de la saison culturelle Brestoise ! Un moment unique pour découvrir la programmation de tous les lieux culturels et se laisser tenter par de nouvelles propositions !
