Bibus : c’est l’heure de l’intérêt collectif, pas de la polémique stérile !
Alors que Brest, à l’instar de nombreuses villes françaises, commence à peine à panser les plaies d’un week-end de violences inédites, certains semblent avoir choisi la polémique plutôt que la responsabilité. Dans un courrier adressé au maire de Brest, président de Brest Métropole, M. Pellennec, délégué syndical de Bibus, adopte un ton dont l’agressivité n’a d’égale que l’absence de mesure et de courtoisie. À l’heure où chacun devrait faire preuve de sang-froid, cette sortie est aussi regrettable qu’inopportune.
Rappelons les faits. Samedi 17 octobre, en marge d’une manifestation, Brest a connu des débordements d’une gravité exceptionnelle. Le réseau de transports en commun, comme les espaces publics, les commerces, les véhicules particuliers et de nombreux autres biens, a subi des dégradations importantes.
Dans ces circonstances particulièrement difficiles, les agents de Bibus ont fait preuve d’un professionnalisme, d’un courage et d’un sang-froid exemplaires. Leur engagement mérite d’être salué sans réserve. Il mérite surtout mieux que d’être instrumentalisé au service d’une polémique syndicale.
Les agents, les équipes techniques, la direction de Bibus, son directeur M. Ratto, le président de Brest Métropole et moi-même avons été pleinement mobilisés, chacun à notre niveau de responsabilité, pour faire face à cette situation exceptionnelle, avec une priorité absolue : la sécurité des agents et des usagers.
Notre responsabilité collective ne s’arrête d’ailleurs pas à la gestion de l’urgence. Elle consiste aussi à anticiper, à protéger et à construire.
C’est précisément dans cet esprit que la question de la création d’une brigade inter-transports, à l’initiative de Stéphane Roudaut, fait actuellement l’objet de discussions au sein de la Conférence des maires de Brest Métropole.
Pendant que certains rédigent des mises en demeure, d’autres sont sur le terrain, prennent leurs responsabilités et travaillent à remettre Brest debout.
À la mise en demeure formulée par M. Pellennec, je répondrai donc par une autre exigence : celle de retrouver, de toute urgence, le sens de la mesure, le respect des personnes et la décence qu’impose la gravité des événements.
Le dialogue social est indispensable. La liberté syndicale est légitime. La défense des salariés est une nécessité. Mais aucune de ces exigences ne justifie les procès d’intention, les outrances ou les tentatives d’alimenter artificiellement une crise dans la crise.
La perspective de l’émergence d’une nouvelle organisation syndicale au sein de Bibus ne saurait davantage justifier une surenchère de postures ou de déclarations. La concurrence syndicale, si elle existe, ne doit jamais prendre le pas sur l’intérêt collectif.
Isabelle Melscoët
Vice-présidente de Brest métropole en charge de la mobilité et des grands projets
Photo © Julien Creff/Brest métropole
