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18 juin : "Quoi qu’il arrive, la flamme de la résistance française ne doit pas s’éteindre et ne s’éteindra pas"

  • il y a 2 jours
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Journée nationale commémorative de l’Appel historique du Général de Gaulle du 18 juin 1940









Monsieur le Sous-préfet,

Monsieur le Député,

Mesdames, Messieurs les représentants des associations patriotiques,

Mesdames, Messieurs, chers élèves,


Mardi 18 juin 1940, comme depuis un mois, les nouvelles du front ne sont pas bonnes. Malgré des combats acharnés, c’est la débâcle de l’Armée française.


Depuis la veille, le maréchal Pétain, nouveau chef du gouvernement, a annoncé, d’une voix chevrotante, avoir demandé à l'ennemi ses conditions de paix : “ Il faut tenter de cesser le combat “.


Cette défaite annoncée provoque la stupeur dans les foyers brestois. Les habitants sont assommés, hébétés, eux qui se pensaient si loin du front, se retrouvent désormais sous la menace d’une arrivée imminente de l’ennemi. Brutalement, la ville sombre dans l’incertitude, tandis qu’à l’arsenal et dans les ports, tous s’agitent frénétiquement.


Le port se vide, comme tout Brest, de sa substance. L’atmosphère est pesante. Oui, il souffle un vent de panique depuis l’Est. 


Dans ce chaos organisé, les services civils et militaires tentent des actions retardatrices, des sabotages comme actions plus désespérées : couler des navires qui ne peuvent prendre la mer ou encore tenter d’obstruer la Penfeld en dynamitant la grande grue électrique.


Plusieurs alertes aériennes égrènent la journée et bientôt le bureau des agents militaires annonce que toute autorité française cessera de fonctionner à partir du soir même. Dans la cour du Château de Brest, on brûle tout : documents, dossiers, courriers, registres.


Seule satisfaction de ce 18 juin 1940, la préservation de la flotte. Pas moins de 80 navires, civils et militaires, du remorqueur au cuirassé, réussissent à prendre la mer. Cette armada de l’honneur prend le large avec comme figure de proue, l’inachevé cuirassé Richelieu. Deux destinations : le sud de la France pour les navires de haute-mer et l’Angleterre pour les autres. À leur bord, des milliers de soldats français, anglais ou polonais et des centaines de civils qui ont pu embarquer.


Lors de l’évacuation, quatre de ces navires coulent, après collisions ou par l’explosion d’une mine, dont l’aviso Vauquois devant Le Conquet, faisant 135 victimes parmi les 150 hommes de l’équipage.


Dans la nuit naissante d’une sombre journée, les ténèbres engloutissent l’horizon des marins et des évacués. Tous regardent une dernière fois les côtes bretonnes, sans l’assurance de les revoir seulement un jour. Comme un symbole, le dernier navire à quitter Brest est le Hardi sur lequel se trouve l’Amiral Ouest. C’est la fin d’un monde.

(silence)


Un grésillement… une onde d’outre-Manche… À 22 heures, résonne presque imperceptiblement le plus profond des appels :


“ Moi, général de Gaulle, actuellement à Londres, j'invite les officiers et les soldats français qui se trouvent en territoire britannique ou qui viendraient à s'y trouver  ”...

Plus qu’un discours, c’est un appel, un souffle, une promesse. De Gaulle ravive l’espoir, fait résistance. Par ce message, il scelle et fixe l'acte fondateur de la France Libre.


Alors que la France de Vichy se soumet, celle du général de Gaulle, Libre, émerge dans le battement de cœur féroce. Un chant d’espoir dans la nuit, pour conjurer l’étrange défaite. Il ne le sait pas encore, mais de Gaulle, passé par Brest en juin 1940, y reviendra en vainqueur cinq ans plus tard.


Dans son sillage immédiat, il agrège à lui cette légion hétéroclite qui se fera Armée au fil de la guerre ; avec sa marine, ses unités aériennes et terrestres. L’étincelle brûlante de juin 1940 deviendra brasier, puis flamme étincelante, semblable à celle qui ne s’était jamais éteinte sous l’Arc de Triomphe.


Parmi les premiers ralliés, les Finistériens font le nombre. Quand on pense juin 1940, c’est bien le trait et la silhouette du Finistère qui dessine le visage la France Libre


De l’île de Sein, de Molène, du Conquet, de l’Aber Wrac'h, de Douarnenez, d’Audierne et, de Brest, de Brest oui, ces Français Libres, Compagnons de la Libération, Cadets de la France Libre, agents du BCRA, résistants de l’intérieur, tous participent à cette marche héroïque.


Ami, entends-tu les cris sourds du pays qu’on enchaîne ? Marins pêcheurs, communistes, ouvriers, étudiants, étrangers aux 35 nationalités différentes ; tous convergent dans l’adversité pour la France, la France Libre.


Rien ne fut simple pour ces “ clochards de la gloire ”, comme l'intitulait le Français Libre Alexis Le Gall, d’Audierne. Il y eu des échecs et à l’heure de la victoire et de la Libération, nombreux seront les absents dans cette cohorte magnifique, victimes de leur devoir


Et quand je vous regarde, mousses, lycéens, cette jeunesse présente ce matin qui s’engage pour la Mémoire, je pense à cette jeunesse de 1940, qui s’est engagée pour son pays.


Tels Louis Fouquet de l’île de Sein, engagé à 14 ans dans les FNFL, les lycéens de Brest, qui passaient leurs épreuves du Bac et qui ont tout plaqué pour rallier l’Angleterre dont à Gustave Lespagnol, 16 ans, l’un des Cadets de la France Libre, engagé dès son arrivée en Angleterre, qui trouva la mort en libérant l’Alsace fin 1944.


À l’heure où la France s'apprête à faire entrer dans son panthéon l’historien et résistant Marc Bloch, souvenons-nous des valeureux de ce terrible printemps 1940, des premiers engagés de la France Libre ou de ceux qui opteront pour la lutte clandestine.


"Quoi qu’il arrive, la flamme de la résistance française ne doit pas s’éteindre et ne s’éteindra pas". 

À nous l’esprit de Résistance, plus que jamais, ni hier, ni aujourd’hui, ni demain, il ne doit cesser de vivre.


Stéphane Roudaut

Maire de Brest Seul le prononcé fait foi



 
 
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